photographies,etc

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Posté en nouvelles, extraits par maxime ballesteros à février 20, 2007

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k.

de quoi as- tu besoin . tu n’ es pas triste . tu n’as juste pas envie . de déjeuner, de rester ici, de retourner en france, de rendre visite à ta mère, d’aller au bar avec untel . de faire l’amour, de sortir dans la rue . de travailler . d’écouter cette putain de chanson . de dormir encore . tu n’arrives pas à retrouver ton sourire . ton corps te repousse . ta tête ne se cogne pas le cul par terre . elle ne rebondit pas . elle se resserre doucement . calmement . devient sêche et craque comme un affreux parquet . il ne reste plus rien pour te faire plaisir, pas même une petite pipe . ce à quoi tu t’ accroches d’habitude te semble n’être que de sombres conneries et tu vas préparer ton petit déjeuner . tu ne manges jamais salé le matin mais aujourd’hui tu fais du choux et des saucisses, avec des oeufs . tu écoutes les pas dans l’esclaier . ce n’est pas elle . tu as envie de gerber tes nerfs et les saucisses. tu n’es plus étonné par tes réactions . tu les subis sagement . tu t’assois quelque part et tu râles . comme un vieux cerf . vouté et encombré par ses gros bois .

 

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encore un whisky dans cette chambre minuscule . la fenêtre ne s’ouvre pas et c’est bientôt le mois d’août . tu baignes dans ta sueur . et tu es énervé . ça ne change pas beaucoup . tu es à charlton, loin du centre de londres . dans cette chambre minuscule . comme d’habitude tu pourrais être n’importe où, et comme d’habitude tu es ici pour une fille . A. . parfois, quand elle parle sa langue tu as peur . tu te sens comme dans cette chambre . tu te dis qu’elle est très loin . et comme ton terrain peut être étroit . de moins en moins . le temps aidant . tu es là depuis une semaine, A. un peu plus . vous ne trouvez pas de travail . toi tu n’y penses pas trop, tu penses à la chambre, à l’alcool, à ses gestes . aux chocs, aux cafés, aux chaussures vernies . et A. t’intrigue beaucoup . depuis le début . A. ne se plaint pas . A. vie comme si elle n’avait pas peur . A. ne dis pas je t’aime ou j’ai envie de toi . A. cherche du travail sur internet la nuit, et dans le rue journée . toi tu la suis . tu vas pleurer à la fenêtre le matin .

au bout de deux ou trois semaines tu ne sais plus, il commence à faire mauvais . tu as dégagé les affaires du petit bureau et tu regardes dehors . le vent, la facade de briques brunes, et la grosse bite de liverpool street que tu distingues très loin, à droite . tu prends froid et tu tombes en descendant du bus . à st james’s park, les écureuils mangent dans la main des personnes calmes, et viennent te demander des cookies . il y a aussi des renards affamés dans ta rue et tu as même vu un pélican . enfin tu crois . à londres on ne sent rien . loin d’être une ville fantôme, tu as pourtant la désagréable et permanente sensation que c’est une ville morte . en toc .

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tu es méchant . tu t’attaques aux mauvaises choses . tu te répètes n’imagine pas . n’imagine plus . alors tu n’auras plus peur . mais déjà tu sors les dents . tu t’installes brutalement sur la chaise la plus raide de ton petit monde et ne vois plus que des immondices . tes amis ont des tête de choux et les autres de blatte . tu entends aboyer tu entends tout . les jappements sont pour toi d’une limpidité inouïe rien ne t’échappe . tu analyses et interprètes les situations avec une habilité digne de ce nom . ton instinct est infaillible et ta rage sans limite . tu pourrais broyer des têtes entière dans le creux de tes mains coriaces si tu navais pas déjà avalé la majorité de tes doigts . tu vois bien que les blattes et les choux sont rongés par le vice dans leurs tenues de soirée .

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l’autre soir devant le globus, côté parking, il y avait un regroupement de chauve-souris dans les conifères, et jon avait peur pour ses cheuveux, moi à cause du vent . elles n’ont pas attaqué jon mais le vent à continué toute la nuit .

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mais que fais-tu ? ta tête se vide un peu plus chaque jour . il te reste la haine, la jalousie et la peur . et peut être un fond de blanc ou un carré de chocolat . il te reste une moitié de bite et un coeur informe . ton sens de l’humour à fondu avec le reste . bientôt tu ne banderas plus, plus jamais . tes cheveux recouvriront ton visage et tu t’assierras . il se mettra à pleuvoir et tu seras imperméable, une petite capuche te poussera dans le dos . mais pas de bottes . tu resteras pieds nus

 et tu gémiras .

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c’est en décembre que tout s’arrêta . je rentrais chez moi quand tu as appelé cet hiver . j’allais bien comme je te l’ai répondu au téléphone . moins d’une heure plus tard tu seras mort . presque deux ans après je n’en reviens toujours pas . j’ai mis longtemps à comprendre que tu avais fait ce choix par amour . aujourd’hui j’ai un trou au ventre qui porte ton nom . aujourd’hui je t’aime .

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Sans doute tout reviendra très vite dans l’ ordre . cette ville inconnue te sera déjà bientôt familière . et c’est sûrement lorsque tu ne prêteras plus attention à la musique si particulière des cloches de la grande église que tu seras bien ici . alors tu voudras partir à nouveau . tu ne parleras pas la langue du pays que tu quittes mais ça te sera égal . tu auras besoin de regret . dans quelques mois ou quelques années tu retourneras là bas . tu diras : j’ai été ici . j’ai mangé dans ce restaurant . j’ai baisé dans ce parc . tu seras remplie d’une mélancolie très agréable . peut être pour la première fois tu reconnaitras les photos que tu à prise là bas . et ce sera toujours ainsi, quelque soit l’endroit . il faudra que ce soit gentil, que ce soit doux . que ça ne te bouleverse pas trop . tu voudras manger au restaurant la cuisine locale, mais sûrement pas apprendre à la préparer . tu seras un de ces hommes qui ont tout vu mais tu continueras à mettre deux sucres dans ton café jusqu’à ta mort . tu prétendras te contenter de peu mais en réalité tu n’auras pas l’audace de chercher l’extraordinaire . il en faudra peu pour te décourager . tu es ce saumon qui ne remonte pas contre le courant .

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tu n’ arrives plus à bouger ton corps livide et gluant . chaque mouvement te demande aujourd’hui un courage et une volonté que tu n’a jamais eu . si bien que tu resteras là dorénavant . tu avais déjà rennoncé à te laver lorsque tu avais dispersé les dernière gouttes de ton gel douche sur ta peau, et qu’il avait commencé à faire si chaud . ta haine sauvage envers l’humanité ne s’était pas apaisée, mais ton être alors s’était rompu .

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tu n’iras jamais mieux . tu n’iras jamais bien . les jours et les nuits les plus heureuses annoncent inévitablement les plus tristes . tu te gonfles de bonheur, et le lendemain tu es comme percé au ventre . rien ne gicle . ça coule lentement sur toi . pourquoi es-tu si vulnérable ? tu n’iras pas mieux car tu te pers à tous les étages . tu n’iras pas mieux car tu n’attends rien . tu n’attends rien de la vie . et ton manque absolu d’ambition t’a déjà enterré vivant . tu manques cruellement d’endurance . tu erres doucement dans l’incroyable bordel qui te sert de tête, et d’appartement . tu connais ton horloge interne par cœur . tu pourrais faire un planning de tes dépressions . ainsi tu utiliserais peut-être un peu mieux le reste de ton temps .

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il semble que tu sois déjà un mécanisme bien huilé . tu ne te poses même plus de questions sur le fait que tu pourrais aussi bien ne pas exister . tu choisis avec soin toutes tes tenues . tu te sens unique . tu es persuadé de choisir . ce matin tu as mis un débardeur blanc sous ta chemise à rayures fines . tu l’as rentré à moitié dans ton nouveau jean stonewashed . ensuite tu as enfilé des chaussettes fines et des chaussures vernies brunes que tu n’as pas lacées . tu as mis une casquette à filet bleu et une veste plus ou moins assortie . maintenant tu as vraiment l’impression d’exister . d’autant que tu as bonne haleine . la journée sera bonne car la veille tu as vu dans un magazine à la mode une fille ravissante porter avec nonchalance la casquette que tu as en ce moment même sur la tête, et depuis tu ne doutes plus de ton goût . tu t’étales . tes gestes sont fluides . tu marches avec allure . tu es comblé . ton anus se dilate bruyamment . tu es le porte-parole de ton cul . à l’aide d’entonnoirs tu additionnes ta fiente au petit monticule de chair que tu appelles habituellement ta tête . ton visage s’affaisse doucement sous le poids atroce de ta merde et tu commences sérieusement à ressembler à une pie . bien que tu portes des chaussures vernies .